PREVIEW. Battlefield V – DICE renoue avec ses premiers amours


Après une nouvelle escale particulièrement décevante du côté de la saga de Georges Lucas, DICE retrouve ses premiers amours avec la Seconde Guerre mondiale et Battlefield.

Ce retour aux sources sonne comme une volonté de mieux appuyer sa domination sur le sujet. Le rapport de force CoD/Battlefield s’est inversé avec le temps et les deux séries ont décidé d’offrir aux joueurs les plus anciens un petit revival des fps du début des années 2000, où tout le monde avait son shooter historique. Call of Duty n’avait pas totalement convaincu l’an passé, la voie est libre pour Battlefield V qui s’est laissé approcher pendant de longues heures au cours d’une alpha fermée pleine d’enseignements.

On avait laissé la série à la Première Guerre mondiale, conflit si rarement traité dans nos précieux jeux vidéo alors qu’on a arrêté de compter depuis longtemps les titres traitant de la guerre qui a suivi. Battlefield 1 avait frappé un grand coup par sa réalisation impeccable, son gameplay dynamique et la nervosité des affrontements. Certes le titre prend quelques libertés avec la réalité du conflit qu’il dépeint, mais le résultat parle de lui-même, c’est peut-être même le meilleur épisode de la série à ce jour. La bonne idée de DICE, c’est de reprendre l’essentiel de ce qui a fonctionné sur BF 1, de le peaufiner et de l’appliquer à la Seconde Guerre mondiale où tout a commencé pour la série.

On retrouve un système d’escouade plus efficace que jamais. Toujours divisée en 4 joueurs dont un chef, les quelques petits ajustements de BF V contribuent à créer un vrai sentiment de camaraderie lors des parties en ligne. En plus d’avoir un chef qui peut donner des directives à son escouade et dépenser les points de son groupe dans des véhicules, on est clairement invité à passer la majorité du temps en escouade et pas seul dans son coin. Les autres joueurs de l’escouade sont visibles en permanence sur l’écran et la mini-map, on peut toujours respawn sur eux très rapidement et avec facilité mais il est aussi important de noter qu’il est possible de relever un membre de son escouade sans être médecin. Pas besoin d’une piqûre d’adrénaline, une tape sur l’épaule ajoutez à un coup de main et hop, voilà votre allié sur pied prêt à repartir au combat. D’ailleurs, dans cet épisode plus que jamais, être relevé semble vraiment utile. On se ravitaille en vie et munition en zigzaguant entre les cadavres des soldats tombés au combat pour vite reprendre sa place sur le front.

Les fusillades, elles, ont gagné en nervosité. Le feeling des armes est excellent même si on se rapproche un peu plus de ce que l’on a connu dans un certain Call of Duty au niveau de la prise en main. Je suis bien conscient que la phrase précédente risque de donner quelques frissons aux puristes mais rassurez-vous, le résultat est là. En revanche la balistique paraît encore trop simpliste et les balles manquent de poids même sur des tirs à longe distance. Le rôle des classes est bien mieux défini et tous ont leur place et leur utilité. Il est bien plus compliqué d’être le héros de la partie en enchaînant des dizaines de kills à la minute que cela n’a pu l’être dans le passé. Déjà parce que quelques balles suffisent à nous faire tomber, mais aussi parce qu’avec le système d’escouade, les loups solitaires sont rapidement dépassés par le nombre d’ennemis. Alors oui, il y aura toujours ces moments Battlefield où un soldat perdu derrière les lignes ennemies fait un vrai carnage, mais il faut s’attendre à ce qu’ils soient moins fréquents que par le passé. Tant mieux pour l’équilibre, tant pis pour le Youtube Game.

Rassurez, même emballé parce que l’on a vu du gameplay du jeu, c’est avec encore plus de plaisir qu’on apprécie la démonstration technique que représente ce Battlefield V. Comme à chaque épisode, DICE cherche à imposer un nouveau standard de qualité visuelle et sonore, et comme à chaque épisode, DICE frappe très fort sur la tête de la concurrence. Il y a tout d’abord ces graphismes léchés avec des textures particulièrement fines – notamment sur les armes – une multitude d’animations hyper convaincantes, une distance d’affichage impeccable, un moteur physique solide… Les qualités du Frostbite ne sont plus à démontrer et pourtant il s’enrichit encore de nouveaux effets visuels saisissant avec notamment un travail impressionnant sur la neige. L’optimisation quand à elle, nécessite un petit coup de polish supplémentaire mais rien de bien inquiétant. Et que dire du sound design toujours aussi dingue du jeu. Un véritable régal avec un casque 7.1 sur la tête où chaque son renforce un sentiment d’immersion déjà excellent, mais participe également à communiquer des informations essentielles au joueur sur l’emplacement des ennemis ou la direction des balles qui fusent au dessus de notre tête. Une véritable leçon en la matière qui se bonifie à chaque nouvel épisode, épatant.

La seule map disponible (sous deux versions) lors de cette alpha fermée est un autre des points positifs à retenir. L’atmosphère est lourde et pèse fortement sur le déroulement de la partie. En témoignent ces maisons déjà en ruine au moment où les premiers soldats foulent leur sol. L’une des nouveautés du titre est d’ailleurs la possibilité de fortifier un emplacement en bâtissant des barricades de fortune. Difficile de juger l’impact de cette mécanique sur le jeu à long terme, elle nous aura paru encore un peu gadget pour le moment. Les ambiances se succèdent à merveille grâce à une météo toujours changeante et un cycle jour-nuit qui change brutalement notre perception du terrain. Côté level design nous sommes tout aussi emballés. Le terrain de jeu trouve un équilibre parfait et permet à chaque classe de briller. Les quelques véhicules présents sont une force de frappe considérable et il faut mobiliser un bon paquet de joueurs pour les repousser au plus vite sous peine de voir les blindés faire la loi. Il en va de même pour les avions à la prise en main très proche de celle de Battlefield 1. On espère retrouver la même maîtrise sur les futures maps, sachant qu’une partie disputée par chance aux côtés du lead level designer nous a rassurés sur la présence de carte plus verdoyante et la variété des décors à prévoir.

 

Source : ActuGaming.net